Rétrospective #10 : Schiaparelli

Une exposition sur Elsa Schiaparelli a lieu en ce moment au musée des Arts Déco à Paris : Shocking ! Les mondes surréalistes d’Elsa Schiaparelli (du 6 juillet 2022 au 22 janvier 2023) !

C’est l’occasion pour vous et moi d’en apprendre plus sur cette créatrice d’origine italienne.

Elsa Schiaparelli est née à Rome en 1890 dans une famille issue de l’aristocratie italienne. Son père est un universitaire et sa mère est issue de la famille Médicis !

Dès son plus jeune âge, elle étudie la philosophie et écrit des poèmes. Certains poèmes ouvertement érotiques lui vaut d’être envoyée par ses parents au couvent ! En signe de protestation elle fera une grève de la faim.

En 1913, elle part vivre à Londres où elle prendra goût à sa nouvelle liberté. Elle y rencontre et épouse Wilhelm de Wendt de Kerlor. Ils partent vivre à New York où ils auront une fille Yvonne née en 1920. Suite à leur divorce, Elsa s’installe à Paris. Elle découvre et se prend de passion pour les marchés aux puces et les antiquaires, elle s’improvise styliste à son compte. Et même si elle ne sait pas coudre, elle achète des vêtements et des tissus, elle a une idée, elle veut lancer sa marque !

Elle se lance en 1927, sa première pièce est innovante : elle créé un pull à effet trompe l’œil avec un gros nœud imprimé dans la maille :

Son enseigne affiche à cette époque : « Schiaparelli – Pour le Sport ». La collection de pièces en maille s’étoffe de maillots de bain, de pyjamas de plage et d’accessoires. Les motifs se diversifient (tortues abstraites, squelettes, tatouages de marin…) tout comme les couleurs jouant sur les contrastes (noir et blanc, noir et tons vifs). Ce mélange de Haute Couture et de sportswear est tel que des industriels du textile américain lui proposent ses premiers contrats de licence.

A partir de 1929, elle continue d’innover : elle montre les zips sur les robes, elle créé les premières robes du soir noires, les tailleurs à épaules marqués, et surtout des chapeaux excentriques !

Depuis son arrivée à Paris, elle fréquente beaucoup d’artistes notamment ceux qui forment le mouvement dadaïste (qui remet en cause de toutes les conventions et contraintes idéologiques, esthétiques et politiques) comme Marcel Duchamp et Francis Picabia. Nourrie de ce milieu, elle collabore avec de nombreux artistes tout au long de sa carrière.

Une de ses créations les plus notables est le Map Cap :

En 1934, c’est la consécration, elle fait la couverture du magazine américain Time ! C’est la première femme designer à bénéficier de cet honneur. Elle est décrite comme comme « l‘un des arbitres de la Haute Couture ultra-moderne ».

La collection Zodiac :

En 1937, elle collabore avec des artistes surréalistes, notamment avec Salvador Dalí, qui crée un tissu orné d’un homard pour une de ses robes du soir en organdi portée par Wallis Simpson

Tout au long de sa carrière, elle créa des parfums dont le nom commence toujours par un S, le plus célèbre est “Shocking” qui est à la fois le nom du parfum mais aussi le nom d’un rose, qui seront des emblèmes de la marque !

Le flacon représente un mannequin de couturière épousant les courbes de Mae West, orné de fleurs de porcelaine et d’un mètre-ruban de velours, est un succès sans précédent, on est alors en 1937 !

Jusqu’à l’été 1940, Elsa se bat pour maintenir l’activité de sa maison de couture afin de conserver un maximum d’emplois et lance même un parfum, Sleeping. Au regard des raids aériens, elle crée des vêtements pratiques et fonctionnels : combinaisons zippées à maxi-poches destinées à contenir l’équivalent d’un sac à main, manteau à sacoche intégrée, robes transformables.

Son statut d’italienne à Paris devenant risqué, elle confie sa maison de couture aux mains de son bras droit de mai 1941 à juillet 1945. Elle part vivre à New York et continue d’aider la France par de multiples initiatives outre-Atlantique (comme des conférences partout dans le pays)

A la libération, Elsa rentre immédiatement en France, reprend la création et présente une collection dès septembre 1945.

En 1946, en phase avec les femmes qui voyagent de plus en plus, Elsa fait sensation avec la garde-robe Constellation : 6 robes, 1 manteau réversible, 3 chapeaux pliables, le tout pour moins de 6 kg.

Ses clientes les plus fidèles sont : Arletty, Marlène Dietrich, Greta Garbo ou encore Lauren Bacall !

En 1954, Elsa Schiaparelli décide de fermer la Maison de la Couture et se consacre à son autobiographie Shocking Life.

Elle décède en 1973, dans son sommeil.

La maison Schiaparelli est rachetée en 2006 par Diego Della Valle, propriétaire de Tod’s. Six ans plus tard, les ateliers ré-ouvrent à l’Hôtel de Fontpertuis, là où leur créatrice les avait laissés. Et c’est Marco Zanini qui est nommé à la tête de la direction artistique des collections Haute Couture et Prêt-à-Couture.

Aujourd’hui c’est Daniel Roseberry qui est à la tête de la maison